Le mois de décembre 2025 confirme une tendance essentielle pour le marché des grands vins : après plusieurs trimestres de correction, les prix semblent avoir trouvé un premier point d’équilibre. Si l’activité reste en phase de reprise, les signaux de stabilisation se multiplient, tant du côté des indices que des comportements d’achat.
Une stabilité retrouvée sur les principaux indices
En décembre, les grands indices du marché secondaire ont évolué de manière contenue. L’indice Fine Wine 100 progresse légèrement, tandis que l’indice Fine Wine 1000 reste globalement stable. Cette inertie apparente traduit moins une absence de marché qu’un retour à des niveaux de prix jugés plus cohérents par les acheteurs.
Le Rhône se distingue nettement, s’imposant comme la seule grande région à afficher une performance positive sur l’ensemble de l’année 2025. Cette dynamique a été portée par quelques signatures emblématiques, illustrant l’attrait persistant pour les vins à forte identité et à production limitée.
2025 : une année de contrastes selon les régions
L’année 2025 aura été marquée par de fortes disparités régionales. Les seconds vins et certaines appellations de la Rive Droite figurent parmi les segments les plus en retrait, tandis que d’autres catégories ont mieux résisté à la correction générale.
Les vins liquoreux et les grandes références italiennes s’illustrent par leur résilience, confirmant leur rôle de valeurs défensives dans un marché en phase d’ajustement. Cette capacité à préserver leur valeur relative attire de nouveau l’attention des acheteurs avertis.
Un marché plus équilibré entre acheteurs et vendeurs
L’un des signaux les plus significatifs de cette fin d’année réside dans l’évolution du rapport entre l’offre et la demande. Le ratio bid-to-offer atteint son niveau le plus élevé depuis mi-2023, traduisant un meilleur alignement entre attentes des vendeurs et intentions des acheteurs.
Ce rééquilibrage est particulièrement visible sur les segments les plus premium : premiers crus classés et grandes icônes de Bourgogne voient la demande dépasser ponctuellement l’offre, un phénomène rare ces derniers mois.
Moins de baisses, plus de stabilité des prix
Autre élément notable : la proportion de vins en baisse de prix recule nettement. Moins de 40 % des références composant les grands indices ont enregistré une correction en décembre, tandis qu’un quart des vins sont restés parfaitement stables.
Cette évolution confirme un changement de phase : le marché ne corrige plus de manière généralisée, mais devient plus sélectif, favorisant les signatures reconnues, les millésimes solides et les prix réalistes.
Une activité encore en retrait, mais plus qualitative
Si les volumes et la valeur des échanges restent inférieurs à ceux de l’année précédente, la fin de 2025 montre une activité plus ciblée. Les acheteurs interviennent davantage lorsque les prix correspondent à leur perception de la valeur intrinsèque des vins.
Cette approche plus rationnelle se traduit par une proportion record de transactions initiées par les acheteurs eux-mêmes, signe d’un regain de confiance progressif.
Évolution géographique de la demande
La répartition géographique des acheteurs évolue également. Les acteurs nord-américains renforcent leur présence, atteignant leur part la plus élevée depuis l’instauration des droits de douane au printemps 2025. À l’inverse, le marché britannique marque une pause saisonnière en fin d’année.
Cette diversification géographique contribue à la résilience globale du marché et limite les risques liés à une dépendance excessive à une seule zone.
Un marché plus large et plus accessible
L’année 2025 établit un record en matière de diversité des vins échangés sur le marché secondaire. Jamais autant de labels et de combinaisons de millésimes n’avaient été échangés, témoignant d’un élargissement réel de l’activité.
La Bourgogne, en particulier, représente une part record des volumes échangés, même si sa contribution en valeur recule. Ce phénomène illustre une dynamique nouvelle : un intérêt croissant pour des cuvées plus accessibles, sans renoncer à l’exigence qualitative.
Transactions emblématiques du mois de décembre
Les échanges de fin d’année mettent en lumière un contraste frappant entre icônes absolues et vins à forte rotation. Des références mythiques atteignent toujours des niveaux de prix exceptionnels, tandis que des crus plus abordables concentrent les volumes, confirmant la coexistence de deux marchés complémentaires.
Conclusion : vers une normalisation en 2026
À l’aube de 2026, le marché des grands vins semble entrer dans une phase de normalisation. La volatilité excessive s’estompe, la liquidité revient progressivement et la hiérarchie qualitative se réaffirme.
Dans ce contexte, la sélectivité, la connaissance des domaines et la discipline sur les niveaux de prix redeviennent des facteurs clés. Plus que jamais, la valeur d’un grand vin se mesure à la croisée de son identité, de sa rareté et de sa cohérence économique.